Inès P. Kubler

     sculpture

Photos :  1- CAC La Traverse , Alfortville © Rachael Woodson - La Traverse ; 2- CEAAC, Strasbourg © IP.Kubler ; 3- Kunsthalle, Basel ©Philip Hänger 4 - L'Atelier Blanc, Villefranche de Rouergue © Illés Sarkantyu ;

5- La Kunsthalle, Mulhouse © La Kunsthalle Mulhouse ; 6 - Vue d'atelier, Strasbourg © IP.Kubler

>> DEMARCHE 

 

A la recherche d'un terrain d'expression qui me soit propre, une piste s’amorce lors d'une expérience professionnelle au sein du cabinet du Docteur Jean Pillet, spécialiste renommé en prothèses médicales dont l'esthétique très réaliste les rend pratiquement indécelables. Ce travail de précision aux enjeux émotionnels forts est fondateur. C'est là sur le tas que je sculpte quelque chose pour la première fois et là aussi que je rencontre mon matériau de prédilection : la cire. Sa proximité avec la peau, sa nature de caméléon fluide, solide, opaque ou translucide, m'ont séduite immédiatement. 

 

Mon travail se développe en séries de sculptures ou d’installations de petit format qui sondent la matérialité des objets de la sphère domestique. Par une intervention minimale qui s’apparente à un collage, je conçois de nouvelles formes qui se jouent des incompatibilités physiques des matériaux. Un geste qui réveille ces objets jusqu’alors inanimés et en dévoile les passions enfouies, ils s'ouvrent ainsi à de plus vastes champs d'interprétation. 

 

La cire, élément récurrent de ces assemblages employée tour à tour comme colle, peau, chair, ornement, vernis... leur communique son aura instable - comme on le dit d'une personne au tempérament imprévisible - une instabilité qui résonne avec celle d’un monde contemporain qui vacille. Loin du surplomb habituel du socle, mes sculptures sollicitent le spectateur au plus près, favorisant le rapport rare et intime du toucher. Je fait  parfois des détours par des séries sur papier, un travail réalisé sur le vif, très librement, comme une forme d’écriture automatique. 

 

 

 

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>> FORMATION

 

     - Communication visuelle / Académie Charpentier - Paris.                                   

     - Peinture décorative / Institut van der Kelen - Bruxelles
     - Architecture intérieure et Design / Académie Charpentier - Paris

Exerce différents métiers dont celui de sculpteur en prothèses médicales, une expérience fondatrice par la suite.
 
Vit et travaille à Strasbourg

 

 

 

>> LA CIRE 

 

C'est lors d'une expérience professionnelle forte au sein du cabinet du médecin prothésiste Jean Pillet, que j'ai réalisé "sur le tas", ma toute première sculpture et rencontré un matériau inattendu : la cire. J'ai immédiatement aimé son âme de caméléon, tantôt liquide, tantôt solide, opaque ou translucide et sa tiedeur proche de la peau. Elle accompagne l'histoire des hommes depuis des siècles sous divers avatars : bougies destinées au culte ou à l'éclairage, tablettes pour recueillir et faire circuler la pensée, cachets d'authentification, pellicule de conservation ou encore artefact pour imiter la vivacité de la chair... Fascinée par ce matériau, je gardais en tête de l'utiliser un jour à ma façon. Aujourd'hui, la cire m'est indispensable, presque un fétiche.


Tablette de l'écolier Papnoution - IVe siècle après J.-C. - Antinoé, Égypte -

© Musée du Louvre

Sceau de Henri IV, roi de France, pour ses lettres galantes à Henriette d’Entragues.-

© BNF

Louis Marc Antoine Robillard d’Argentelle,. Cacaoyer (Theobroma cacao). 1802.

Cire botanique. 

© Muséum national d’histoire naturelle

Viandes et fromages conservés dans la cire d'abeille. Une alternative ancienne à la conservation sous vide.

© Oleificio Pasquinoni